LITTERATURE JAPONAISE:

Akutagawa Ryûnosuke
Rashômon, et les autres contes
Quinze des contes les plus fameux d’Akutagawa Ryûnosuke (1892-1927), qui empruntait ses sujets a la littérature japonaise aussi bien qu’aux lettres européennes. Le cinéaste Kurosawa a fondu deux de ces histoires tragiques en un film célèbre, « Rashômon ».

Akutagawa Ryûnosuke
La vie d’un idiot, et les autres nouvelles
Nouvelles d’Akutagawa, moins connues mais non moins angoissées et saisissantes que les précédentes, augmentées d’un journal en partie autobiographique, « fragments déchirants d’un homme déchiré… ».

Anonymes
Contes d’Asie
Ces « contes », sorte de chantefables du Xeme siècle, forment une suite de 209 poèmes brefs retraçant les états d’âme d’un homme qui, au gré de ses aventures amoureuses, donne libre cours à son imagination poétique.

Anonymes
De serpents galants et d’autres
(contes folkloriques du Japon)
Ces contes provenant de toutes les régions de l’archipel nippon, ont par leur teneur et leurs thèmes, valeur universelle ; Mais par-delà leur variété et le pittoresque de leurs détails, on y sent battre le cœur profond du Japon.

Anonymes
Histoires qui sont maintenant du passé
Les anecdotes tiennent une grande place dans la tradition japonaise ; celles qui forment ce recueil se situent entre la fin du VIIIe et le milieu du XIVe siècle et constituent, dans leur diversité, une excellente introduction à l’intelligence de la civilisation japonaise.

Dazaï Osamu
La déchéance d’un homme
Né en 1909 dans une haute famille du Japon, Dazaï, morphinomane, tuberculeux, alcoolique et suicidaire, mena jusqu’à sa mort volontaire une vie de folie et de déréliction. De son « héros », le saké, les filles, les amours malheureuses et minables font à 27 ans, un malade exténué, qui se réfugie dans une masure pour rédiger l’histoire d’une existence « vécue dans la honte ».

Issa Kobayashi
En village de miséreux
Issa, grand maître du Haiku de la dernière période (début du XIXe siècle), étend son registre à tous les aspects de la vie, fussent-ils les plus triviaux.
Larmes, rire, désespoir, menus plaisirs, colère, ou peines, mais aussi humour, compassion : chez lui, tout fait poème.

Mori Ogai
Vita Sexualis, ou l’apprentissage amoureux du professeur Kanai Shizuka
Quand ce livre parut au Japon, en 1909, Mori Ogai occupait une place exceptionnelle dans la médecine de son pays, mais dans le mois qui suivit sa publication, l’ouvrage fut interdit : ni vente, ni même distribution gratuite ! Or, malgré son titre provocant et son allure médicale, ce récit d’un apprentissage amoureux qui, sans faiblesse pour l’idéologie alors dominante, dit tout, sans outrance ni complaisance, nous frappe aujourd’hui par sa pudeur.

Mujû Ichien
Collection de sabres et de pierres
Mujû Ichien (1226-1312), moine japonais, entra en religion à 18 ans et devint supérieur d’un temple. Il rédigea cet ouvrage entre 1279 et 1283 : en une centaine d’histoires, ce recueil souvent drôle est un précieux document historique qui nous révèle le monde religieux et les croyances populaires du début du Moyen Age japonais.

Nagaï Kafû
Une histoire singulière à l’Est du fleuve
Nagaï fut le chantre de Tokyo comme Saïkaku avait été celui d’Osaka, et c’est dans une langue recherchée qu’il plut à composer des romans sur le modèle de la « littérature de divertissement » de l’époque d’Edo. Son bonheur d’écrivain, il le trouve à scruter et à relater la réalité sociale de sa ville, dans les métamorphoses de son espace comme dans les vicissitudes de la vie de ses habitants. Dans cette histoire singulière dont Kaneto Shindo réalisa une adaptation cinématographique, il se promène, rêve, déambule en s’abandonnant aux lieux, aux atmosphères, aux rencontres, et son écriture elle-même, feutrée, évanescente, nous emmène dans un monde étrange.

Nagaï Kafû
La Sumida
Nagaï Kafû (1879-1959) ressuscite ici son adolescence, et narre les émois d’un jeune étudiant amoureux jusqu’au désespoir d’une jolie Geisha, et ses premiers mois d’apprentissage de la liberté dans la vie d’une troupe théâtrale. Ce roman important de l’ère Meiji est surtout fait d’états d’âme, de réflexions, de descriptions de paysages et de vieux quartiers de l’ancien Tôkyô, à travers lesquels s’exprime la personnalité inclassable de Nagaï Kafû, sorte de marginal qui vécut en France, où il fut marqué par le naturalisme et le symbolisme.

Ono No Komashi et autres
Visages cachés, sentiments mêlés
Une des plus talentueses poétesse japonaise, Ono no Komashi, vécut au XIe siècle. Femme d’une grande beauté, elle acquit une célébrité si grande qu’elle en devint un personnage mythique. Outre son œuvre poétique, sont réunis ici cinq Nô et un dit dont elle est la figure centrale.

Ryôkan et Teishin
La rosée d’un lotus
Moine Zen et poète, Ryôkan (1758-1831), ne se soucia jamais de faire une « œuvre » ; le premier recueil d’une partie de ses poésies fut fait par un jeune moniale, Teishin, qui l’avait connu et aimé, et avait été aimé de lui. De courts poèmes, émouvants et subtils, émaillent les saisons et évoquent cette amitié entre religieux.

Saïkaku Ihara
Cinq amoureuses
Saîkaku (1642-1693) vécut à Osaka, à l’époque où fleurissait une nouvelle classe de marchands et « bourgeois » propriétaires et sous un shôgunat pour un temps libéral. Il créa un genre neuf, celui du conte réaliste, parfois cru, en prose, qui décrit de préférence les mœurs amoureuses de son temps. Cinq amoureuses, paru en 1686, est composé de cinq récits contant, sur des bases réelles, l’histoire aventureuse et presque toujours tragique d’un couple d’amants que finit par briser l’ordre social. Saïkaku, brillant styliste, connut de son vivant un immense succès, puis fut oublié dans son pays ; il a retrouvé la place éminente qui lui revient.

Saïkaku Ihara
Du devoir des guerriers
Deux ans après Cinq Amoureuses, Saïkaku publie une œuvre consacrée à la vie martiale et au monde singulier des guerriers ; il examine et décrit le devoir austère, parfois absurde, toujours cruel, qui régit leur vie et décide de leur fin. Le ton est grave et vendettas, suicides, massacres s’enchaînent au nom d’un sacro-saint Giri, l’impitoyable devoir d’honneur qui, plus encore que le sabre, est l’âme du guerrier.

Saïkaku Ihara
Vie d’une amie de la volupté
Ce « roman de mœurs » paru en 1686 est l’autobiographie, écrite par un homme, d’une vielle prostituée repentante ; pour avoir aimé au-dessous de sa condition, elle a connu à peu près toutes les étapes de la déchéance. C’est un témoignage sans fard sur la vie d’une « amie de la volupté » que la liberté sexuelle rend victime des préjugés de caste et de classe. Saïkaku fut sans doutes le premier écrivain japonais à poser le problème de la liberté et de la féminité. Mais son roman, spirituel et libertin, fut à l’époque d’une audace singulière.

Sei Shônagon
Notes de chevet
Composées dans les premières années du XIe siècle par une dame d’honneur de la princesse Sadako, ces notes élaborées en forme de tableaux, de portraits, d’anecdotes, de récits, de brèves relations intimistes, restituent la vie de la cour impériale du Japon sous les Fujiwara. Sei Shônagon aborde tous les sujets que lui propose son imagination jaillissante ou le caprice de ses goûts : les rites, les cérémonies, les menus plaisirs, l’étiquette… mais, bien mieux, les aimables et nombreuses libertés que celle-ci recouvrait.

Sôseki Natsume
Je suis un chat
Premier roman de l’auteur, voici les mémoires narquois d’un chat domestique, de sa naissance à sa mort. Pas n’importe quel chat : omniscient, philosophe, moqueur, il relate tout ce qu’il voit, en particulier tout ce que fait son maître, dont les goûts, les manies et les traits reflètent ceux de l’auteur, ce dernier ne craignant pas de se peindre en professeur mégalomane et paranoïaque… Une satire de la société japonaise en pleine mutation, au tournant du siècle, c’est un livre délicieux, à l’humour subtil.

Sôseki Natsume
Le pauvre Cœur des hommes
Sôseki (1867-1916) fut l’un des écrivains les plus prestigieux de l’ère Meiji. Kokoro, roman psychologique et roman de mystère, est considéré comme un des écrits les plus représentatifs de l’époque. Un étudiant y conte l’histoire énigmatique d’un homme qu’il nomme Maître ; avant de se suicider, ce dernier rédige sa confession et dévoile le drame qui a marqué toute sa vie. Ce Chef-d’œuvre d’analyse et aussi une peinture d’un Japon provincial en pleine mutation à la veille de la première guerre mondiale.

Sôseki Natsume
Sanshirô
Dans un Japon ouvert depuis peu aux influences occidentales, un jeune provincial très marqué par le système des valeurs traditionnelles va poursuivre ses études dans la capitale : il va découvrir la ville, l’université, l’amitié, l’amour…

Ueda Akinari
Contes de pluie et de lune
Ueda Akinari (1734-1809), surnommé « l’infirme aux doigts déformés » parce que la variole lui avait mutilé une main, fut marchand puis médecin, avant de se consacrer à la littérature. Il travailla huit ans à ce recueil admirable de contes fantastiques, où l’influence du Nô est primordiale. Monde étrange où les apparitions semblent surnaturelles, genre romanesque d’origine chinoise, où se mêlent folklore et fantastique, il fut popularisé par le film aujourd’hui très célèbre « Contes de la lune vague après la pluie ».

Urabe Kenkô
Les heures oisives
(accompagné dans l’édition française de notes de ma cabane de moine par Kamo no Chômei)
Voici les écrits d’un moine du XIVe siècle, érudit et poète ; ancien fonctionnaire, parfait observateur de la société et des mœurs de son temps.
Les brèves mais admirables « notes de ma cabane de moine » sont un texte, fort dense, d’un ermite de la fin du XIIe siècle retiré dans une humble hutte où il vit de plantes sauvages, de musique et de poésie ; il se remémore les vicissitudes de l’existence, médite et décrit avec détachement les troubles et calamités d’une époque qui semble l’image même de l’impermanence essentielle de ce monde.

Zeami
Tradition secrète du Nô
(suivit dans la version française d’une journée de Nô)
Le Nô, (drame lyrique japonais), est un art d’une originalité remarquable dont on découvre ici les origines, l’histoire et la technique. L’auteur, lui-même acteur, naît en 1365 et meurt octogénaire, après avoir composé de nombreuses pièces et rédigé de nombreux traités. Théoricien de son art, il en analyse avec minutie et subtilité les moindres détails et cherche à en définir la portée exacte, les fondements psychologiques et la signification esthétique. Ces traités, suivis d’un programme d’une journée traditionnelle de Nô automnal, sont une révélation pour tous les amateurs de dramaturgie, théorique ou pratique.

Zeami et autres
La lande des mortifications
(25 pièces de Nô)
Le monde mortifié du Nô est le nôtre, livré aux turpitudes et aux passions sans issue, mais traité ici comme un objet dérisoire, hors du temps et de l’espace, que seules la danse et la poésie peuvent traduire. Les créatures humaines qui hantent cette lande des mortifications y errent dans l’attente et l’espoir du salut…